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La Nouvelle PAC - réunion 8 octobre à St Germain de Calberte

Le 22 septembre 2015

 

Chers amis,

Vous avez sans doute déjà constaté par vous-même que les nouvelles dispositions de la PAC appliquées aux Cévennes Lozériennes incohérentes et absurdes vont «fabriquer » de nouveaux chômeurs, des révoltés devant l'injustice et l'absurdité de ces mesures.

Énumérons-les :

  • Les surfaces plantées de châtaigniers et de chênes verts ne sont plus considérées comme des pâturages alors qu'elles correspondent à l'équivalent de 3 à 4 mois de foin l'hiver.

La nouvelle réglementation spécifie qu'un hectare de ces surfaces compte pour 0.6 ha mais seulement pour la pâture des brebis et des chèvres.

  • Les vaches, les chevaux et les ânes ne sont pas considérés comme des animaux agricoles et de ce fait n'ouvrent plus droit à l'ICHN (Indemnité Compensatrice des Handicaps Naturels).
  • Les surfaces couvertes de genets sont éligibles alors qu'aucun animal ne les mange
  • En Corse, toutes ces surfaces sont éligibles à l'ICHN !!
  • L'ICHN, comme son nom l'indique a été instituée à l'origine pour compenser le manque d'herbe sur les terrains pauvres. Elle est maintenant calculée sur les surfaces enherbées (prairies) !!

Ces mesures absurdes et incohérentes vont provoquer :
1. La faillite de nombreux petits agriculteurs,
2. Une diminution considérable des revenus pour les autres.
3. La suppression par conséquent des cotisations versées par ces agriculteurs à la Mutualité Sociale Agricole.
4. L'augmentation des terrains en friche et des risques d'incendie dans une des régions françaises où la surface de friche est déjà parmi les plus importantes.
5. Le gaspillage de l'argent public par l'État qui met en faillite des agriculteurs dont il a financé l'installation quelques années plus tôt.
6. La remise en question du classement par l'UNESCO des Cévennes comme « paysage culturel de l'agropastoralisme ».

Ceci se passe dans les Cévennes où curieusement en 1955, un des tenants d'un parc en Cévennes, Charles BIEAU envisageait de « faire des Cévennes un royaume forestier parcouru par des routes à vocation économique et touristique et qu'exploiterait une population de bûcherons regroupés auprès de pépinières et de scieries implantées à sa périphérie »

Fort heureusement, cette mort programmée n'a pas eu lieu. Dans les années 70, l'arrivée d'une jeunesse imprévue, la création du PNC (Parc National des Cévennes) sur une orientation plus respectueuse des habitants et des réalités de ces territoires ont changé la donne.

Des jeunes agriculteurs ont relancé l'exploitation des châtaigniers (AOC en cours de négociation), l'élevage des chèvres pour une production de fromages (Pélardon en AOC), des productions diverses – confitures, pâtés, légumes majoritairement en BIO et circuit court.

Du défaitisme absolu, les habitants sont passés à l'espoir puis au développement. Le projet actuel de l'administration, qui induit la disparition des agriculteurs, est-il un retour vers le royaume forestier des années cinquante ?
La gestion technocratique de l'agriculture, de l'eau, du bois, des moyens de communication (absents ou inopérants) va malheureusement provoquer une évolution dans ce sens.

Les Cévennes sont en danger, la destruction sera plus rapide que la reconstruction. L'accumulation de ces mesures inadaptées au territoire, l'absence d'un projet politique global et cohérent vont entraîner un recul de la population (pourtant en légère progression régulière depuis les années soixante), une régression économique et renvoyer ce territoire vers les années cinquante.

Un riche passé nous l'a démontré :

  • Guerre des Camisards, industrie de la soie, production de charbon (tout cela encore très présents dans les mémoires), une région à la culture originale et vivante construite autour de l'idée de résistance, de défense de la liberté de conscience (paragraphe de la Constitution Française inspiré par le protestant cévenol Rabaut Saint Etienne), de la lutte contre les nazis (maquis cévenol), du refuge (Justes accueillant les juifs pendant la dernière guerre), de la culture du châtaignier, du mûrier et de la construction de terrasses.

Le présent nous le montre :

  • Développement d'un tourisme original (tables et chambres d'hôte), d'une agriculture bio et alternative respectueuse des territoires, invention de la randonnée avec ânes de bât sur le Chemin du R.L. Stevenson (6.000 randonneurs par an, plus 3.000.000 € répartis sur ce territoire).

On le voit, ce territoire peut vivre si ses habitants sont unis et combatifs, écoutés et respectés par l'Administration. Et vous l'avez vécu en soutenant d'une manière efficace Denis Pinard-Legry contre le ministère de l'Agriculture.
Pour y réfléchir ensemble, nous vous proposons une réunion le 8 octobre à 20 heures dans la salle commune (Mairie) de Saint Germain-de-Calberte.

 

Bernard LEROUX
Céline LEROUX, agricultrice (chevaux, vaches) en faillite
Jean-Pierre MARIE
Sophie MARIE, agricultrice (ânes) en faillite
Hubert PFISTER
Michel VERDIER

Opinion

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de Jean Siol

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